Manif (encore) interdite

N’y-a-t’il pas antinomie entre « protester contre les règles établies » et « demander l’autorisation de protester » contre ces règles ? Autrement dit, n‘est-il pas étrange qu’un mouvement de contestation dirigé contre l’État et/ou de ses politiques (ici, le barrage de Sivens et l’utilisation des forces de police)  doive soumettre pour autorisation son projet de manifestation à ce même État par le biais du préfet ??

      Et c’est tant mieux si la manifestation autorisée « contre le barrage de Sivens et la violence policière » appelée par des partis et des syndicats n’a réuni que 200 à 450 manifestants (selon les sources) alors que « l’interdite » a rassemblé entre 2000 et 4000 manifestants (selon les sources). Les partis/syndicats _ qui n’ont pas été présents sur la ZAD de Sivens depuis le début de la protestation_ ont tenté de jouer la séparation pour récupérer cette colère et surtout la canaliser à leur sauce, comme le prône J.C. Sellin du Front de Gauche « il faut que les organisations démocratiques reprennent en charge l’expression du mouvement » . Perdu !

       Précisons que les premiers (avec drapeaux mais sans trompettes ni tambours) ont fait leur trajet en une heure chrono et qu’une délégation a été reçue par le Préfet alors que les seconds (pourtant sans drapeaux mais avec trompettes) ont battu le pavé pendant plus de trois heures. Et qu’eux tous ont été aussi reçus par le Préfet, du moins, par ses subordonnés en la personne des CRS, BAC et autres gendarmes mobiles, dès l’arrivée des premiers clowns…

      Enfin, il semble qu’une partie des badauds de la manifestation « interdite » soutenait les manifestants. Certains(nes) ont plutôt été véhément(e)s malgré leur (petit) gabarit pour exiger des CRS qu’ils laissent ces manifestants manifester paisiblement…

Cf. www.demotix.com/node/6319948

Maintien de l’ordre

 Un CRS lors de la manifestation à Toulouse du 8 novembre contre les violences policières,  le barrage de Sivens et en hommage à Rémi Fraisse.

Ce CRS est assez représentatif de l’ambiance côté forces de l’ordre avant que les « casseurs » n’interviennent… J’ose espérer que des consignes de retenue leur avaient été donné, contrairement au soir où Rémi Fraisse a été tué par une grenade offensive gendarmesque.

Voici, d’ailleurs quelques casseurs en pleine action à 15h34 :

Dessins à la craie

 

A 15h47, pas grand-chose n’a changé. Ah si ! Un CRS a bougé :

Après ça, j’ai dû nettoyer comme je pouvais mon appareil car il était recouvert d’une drôle de substance orange et huileuse. Évidemment, je passe sur l’état des yeux et des poumons…

Gazage

Pourquoi ont-ils agi ainsi ? Les ordres, je suppose…

Certains journalistes ont vu des « casseurs très agressifs », « venus en découdre », des « nihilistes noirs » (???), des « anarchistes », des « phalanges mobiles », des « anti-tout », etc. qu’hélas, à mon grand regret, je n’ai ni vu, ni croisé.  Étrange de coller dans la même phrase « anarchistes » et « phalangistes » ! Surtout quand on se souvient de ce qu’étaient, sont encore les « phalangistes ».  Mais pardonnons à notre éditorialiste d’un journal du Sud-Ouest son ignorance crasse de l’histoire espagnole.

Là, où j’étais à ce moment, je n’ai vu que des gens bien sur eux en train de dessiner à la craie aux pieds de CRS déguisés en Golgoths avant de se faire copieusement gazer. Certes, ces « casseurs » fantômes étaient peut-être ailleurs mais aucun collègue photographe n’a, à ma connaissance, réussi à en voir un ce jour-là.

Pour en voir plus : www.demotix.com/news/6219296/peaceful-demonstration-held-memory-remy-fraisse-toulouse et www.demotix.com/news/6219692/peaceful-demonstration-degenerates-police-intervine-toulouse

Israël/Gaza : le malheur d’être Bédouin

Comme tous les deux ans à peu près, l’État d’Israël détruit un bout de Gaza et fait des centaines de morts. Au nom du « droit à l’autodéfense » et à la protection des Israéliens. Pour cela : Iron Dome, sirènes d’avertissement et abris anti-bombes sont de rigueur pour la protection de tous les Israéliens.

Tous ? Presque…

Tous sauf, bien entendu, les Bédouins du  Néguev. Ainsi en témoigne la mort d’Oudi Lafi al-Waj, Bédouin d’un village non reconnu du Negev après une chute de roquette gazaouie, qui a également blessé plusieurs enfants. Lors d’une audition devant la Haute Cour de Justice, l’État israélien a conseillé aux Bédouins israéliens de « s’aplatir au sol », ajoutant qu’il n’y avait pas besoin de protection supplémentaire et que « protéger les villages bédouins n’est pas une priorité. »

La « seule démocratie du Moyen-Orient » comme on dit fait donc une différence entre ses  citoyens… La meilleure conclusion est celle du magazine 972mag.com :

« But Israel claims al-Waj in death only. And the state will surely exploit his death to justify its military operation in Gaza. But in life, in Israel, al-Waj was less than a civilian. He was just a Bedouin—not worthy of basic services or even shelter against rockets.« 

 

Des enfants bédouins d’un village non reconnu du Néguev.

Cf. +972mag : http://972mag.com/israels-bedouin-civilians-in-death-alone/93965/

Association for Civil Rights in Israel : http://www.acri.org.il/en/2014/07/17/bedouin-protection-priority/

Mondoweiss : http://mondoweiss.net/2014/07/shelters-bedouins-themselves.html

The New York Times : http://www.nytimes.com/video/world/middleeast/100000003020909/hamas-rockets-strike-israeli-bedouins.html

Silence studieux

Rien sur le blog depuis deux mois (environ)  ?

C’est bon signe, ça veut dire que j’avais (beaucoup) de travail ces temps-ci :

* quelques manifs (plus celles qui ne sont pas ici) :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus des photos pour une société, une compagnie de théâtre, La Part Manquante, et pour Science&Avenir (cf. publications) :
 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et hop !!!

Cela m’a bien occupé et le boitier en a pris un (petit) coup de vieux…

Bonne Année à (presque) tous

Joyeux Noël et très bonne année 2014 à tous et toutes !!!!

…Sauf à nos grands amis démocrates de la maison Al-Saoud qui ont annoncé, lors de la visite de Hollande à Riyad, qu’il était strictement interdit de fêter le Nouvel An. Faisons confiance à la police de la Vertu pour y veiller… Cf. Canard Enchaîné du 31/12/2013.